Un proverbe américain dit : « Faites-vous de nouveaux amis, mais gardez les anciens. Les uns sont d’argent, les autres en or. » Il existe probablement des proverbes similaires dans d’autres langues.
Ce dicton m’est revenu à l’esprit il y a peu de temps, après une très belle visite avec une amie d’université et son mari. Comme ils prévoyaient de prendre le train au Havre, où ils avaient terminé leur croisière d’un mois, pour se rendre à Paris, ils ont proposé de s’arrêter à Rouen pour nous retrouver durant l’après-midi. Je ne les avais pas vus depuis de nombreuses années, bien que mon amie et moi eussions échangé quelques brefs courriels au cours des dernières années.
À Rouen, nous avons passé cinq heures très agréables à nous raconter nos vies et à échanger des nouvelles de nos amis communs. Après leur départ, tout en savourant le temps passé ensemble et en me rappelant ce dicton sur l’argent et l’or, j’ai commencé à penser à ce que j’avais écrit dans mon nouveau livre au sujet des amitiés. J’avais consacré plusieurs pages à mes réflexions sur les nombreuses relations établies au cours de ma vie : avec les membres de ma famille, mes camarades d’école, d’université et de travail, des connaissances agréables faites lors de mes années à San Francisco, Hartford et Boston, des collègues serviables qui m’avaient aidée à trouver l’histoire de Jeanne, et maintenant tant d’amis proches rencontrés pendant mon séjour en France. Bien sûr, l’une des premières raisons pour écrire la suite de l’histoire de Jeanne était de décrire les merveilleuses aventures vécues lors de mes recherches et de rendre hommage aux personnes extraordinairement généreuses croisées en chemin.
Bien que ce deuxième livre, tout comme ma vie, ait pris une orientation totalement inattendue, les expériences vécues, et que je continue à vivre, poursuivent ma réflexion sur l’amitié, l’un des cadeaux de la vie qui « donne de la valeur à la survie, » selon l’auteur et théologien C.S. Lewis.
Dans ce chapitre sur les relations, je n’ai pas seulement décrit l’éventail des différentes « formes et tailles » des relations expérimentées. J’ai également pris le temps de réfléchir aux raisons pour lesquelles les amitiés sont devenues plus importantes pour moi dans ce troisième chapitre de ma vie. Est-ce parce que je rencontre tant de personnes intéressantes et bienveillantes ? Ou bien est-ce moi qui suis différente ? Ai-je changé à la suite de mes années passées en France ? Est-ce l’âge qui a renforcé ma gratitude envers mes amis, non seulement en France, mais aussi aux États-Unis et ailleurs ? Est-ce le fait d’avoir plus de temps libre, puisque mes exigences professionnelles, bien que toujours présentes, sont moins pressantes aujourd’hui ? La taille de Dieppe a-t-elle influencé ma nouvelle perspective, puisque je n’ai jamais vécu dans une ville de cette taille ? Ou, comme je l’ai noté dans le livre, la culture française a-t-elle quelque chose à voir avec ma nouvelle appréciation, une culture où les amis sont très appréciés simplement parce que l’amitié est importante ?
Je me demande, aussi, comment mon aïeule Jeanne Chevalier avait fait l’expérience de l’amitié. Il lui aurait été difficile, voire impossible, de maintenir ses liens avec des amis en France, mais qu’en fut-il de ses relations avec les autres Filles du Roi au cours de leur longue traversée pour se rendre au Québec ? Comment avait-elle noué et maintenu des relations avec les autres pionniers dans sa nouvelle patrie ?
Chère lectrice, cher lecteur, que pensez-vous des amis et des liens que vous avez noués, dans votre passé ou dans votre vie actuelle ?